Réalisations

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stage d'éveil au patrimoine

stage d'éveil au patrimoine

« C’est dans une ancienne abbaye cistercienne reconvertie en un «Centre de perfectionnement aux métiers du Patrimoine» que les élèves de Bac 2 de Huy ont passé trois jours de formation intensive et ce, en complète autarcie ! Ce projet était la réalisation d’un immense vitrail par tous les élèves de la classe. Un véritable défi que les élèves de l’HELMo Huy ont brillamment réussi, selon les dires du maître verrier qui les accompagnait. Durant ces trois jours de stage, les élèves sont passés par quelques-unes des grandes étapes de la réalisation d’un vitrail : les croquis du futur vitrail sur papier, la découpe du verre, la mise sous plomb ... Etapes pour lesquelles il a fallu faire preuve d’une grande précision, d’une écoute active, mais pas seulement. (…) On a remarqué que chaque élève ne restait pas seul dans son coin à travailler à son morceau, mais qu’au contraire il y avait une véritable solidarité entre les élèves de la classe, pour s’aider les uns les autres. En parallèle, nous avons suivi une formation très intéressante sur la préservation du patrimoine et des métiers du patrimoine. Durant ces trois jours, une animatrice passionnée nous a fait prendre conscience de l’importance de transmettre, notamment dans le cadre du patrimoine. Transmettre pour conserver, restaurer, rénover ... en sachant comment et pourquoi les gens de l’époque ont procédé ainsi, dans le but de travailler sur le patrimoine, en connaissance de cause. » Extraits d’un article d’Antoine Fortemps, étudiant de Bac 2.
Maison des Brasseurs

Maison des Brasseurs

La miroiterie Leys nous a confié la restauration d’un vitrail fortement endommagé. La restitution des décors peints du médaillon a été rendue possible grâce à une photographie prise lors de la campagne de restauration de 2008. Une certaine liberté a été accordée au peintre verrier dans le rendu du modelé. La restitution fait illusion à distance ; la différence avec les parties anciennes est visible en vue rapprochée. Les pièces de la couronne étaient également altérées. Nous avons consolidé les pièces originales avec un adhésif élastomère garantissant transparence, flexibilité et étanchéité. Une pièce avec motif végétal provenant d’une restauration antérieure a été conservée également. Les pièces nouvelles ont été intégrées aux des parties anciennes par un ruban de cuivre suivant la technique du tiffany. L’ancien réseau de plomb a été remis à neuf en respectant les différentes largeurs des profils.
restauration et création intégrée

restauration et création intégrée

A l’église de Boignée, la couleur émane du chœur diffusée par des vitraux ornementaux. Nous la devons à des artisans français de la région d’Oise en 1877. La baie d’axe est un vitrail d’inspiration romane, donnant l’effet d’une tapisserie complexe haute en couleur. De part et d’autre de l’autel, deux verrières en grisailles atténuent la vivacité de la baie d’axe et répondent à certains éléments picturaux : alternance de cercle et de carré, alternance du rouge et du bleu, large bordure décorée. La verrière à gauche de la baie d’axe a été restaurée récemment. Nous avions la charge de restaurer les deux autres verrières. La Fabrique d’église souhaitait remplacer les deux verrières à bornes situées en avant du chœur par des vitraux contemporains. Côté restauration, le nettoyage a été réalisé par France Walraven, jeune diplômée en restauration : nous avons utilisé une gomme fine pour enlever les dépôts (trace de rouille due à l’oxydation de la serrurerie) sans altérer les décors peints sur la face interne et une patine blanche (grisaille « mousseline ») sur la face externe. La mise en plomb des panneaux de la baie d’axe s’est avérée un bel exercice technique ! Coté création : nous voulions une œuvre originale intégrée aux vitraux anciens. Nous sommes partis des éléments communs du vocabulaire pictural : carré/cercle – rouge/bleu – bordure – translucidité/transparence - clarté progressive vers le transept. C’est à Jean-Yves Vossius que revient la conception formelle. La serrurerie des cinq baies a été rénovée et adaptée pour mettre en place une protection vitrée.
Eglise st Brice, Orroir

Eglise st Brice, Orroir

Réalisés en 1929 par l’atelier J.J. Vosch, les vitraux représentent des saints dans un cadre architectural de style baroque. Les donateurs, principalement des familles de la paroisse, sont également mentionnés dans un cartouche en bas de la verrière. Les vitraux présentaient un nombre limité de casses et de lacunes principalement dus à des projectiles et à une oxydation de la serrurerie. Nous avons remplacé les verres non peints cassés à l’identique et nous avons consolidé les pièces peintes brisées ou lacunaires (collage, comblement de résine, complément en verre identique). La perte de fragments avait entraîné la disparition de décors peints. Les traits et le modelé, les dorures ont été réintégrées conformément à l’original. L’état du plomb variait en fonction de la localisation et de la taille des panneaux. Les verrières situées au sud et à l’est étaient fort exposées au vent ; les panneaux de grande taille étaient plus vulnérables. Il est prévu de remettre sous plomb un tiers des panneaux. Le maître d’ouvrage a opté pour protection en verre feuilleté anti-reflet. Les dix verrières de la nef ont été restaurées d’avril à septembre ; les trois verrières du chœur sont en cours de restauration (pose prévue en novembre). Pour ce chantier situé près de Tournai, nous avons opté pour des séjours dans des gîtes ruraux afin de réduire les déplacements et l’empreinte écologique. La restauration parait parfois technique, une affaire de spécialiste. Un groupe de paroissiens a suivi le chantier tous les jours ! Nous tenons à les remercier pour leur accueil chaleureux : « un bonjour », une tasse de café, un petit coup de main,…. Cela donne du cœur à l’ouvrage !
vitrail art nouveau

vitrail art nouveau

On imagine ce vitrail art nouveau ornant une maison de maître des quartiers huppés de la capitale… Loin des clichés, c’est dans une petite maison située dans un quartier populaire liégeois qui a donné écrin à cette très belle œuvre. La symétrie des formes et l’harmonie des couleurs donnent une composition équilibrée. J’attire votre attention sur les dégradés dans les pétales des fleurs et les arabesques du réseau. Au centre, un médaillon représente un visage féminin, aux traits très fins, probablement une sérigraphie sur verre. Le verre était très bien conservé ; en revanche, les soudures étaient fissurées en grand nombre. La rupture des attaches de vergette et une déformation due à un choc accidentel rendaient très précaires les conditions de conservation. J’ai remis le vitrail sous plomb neuf en respectant le réseau original : conduite de plomb, profils de différentes largeurs (8 mm pour la bordure et les tiges-6 mm pour le réseau intérieur -4 mm pour les fleurs), épaisseur non standard de l’âme (1mm). Un travail d’orfèvre pour un panneau de 120 cm sur 60 cm monté sans un millimètre de trop ! « tomber juste, pile poils »… C’est un petit moment de fierté, qui laisse également la place à un sentiment d’humilité et de considération vis-à-vis des Anciens. On marche toujours sur les pas rendus possibles par nos prédécesseurs…
vitrail et mobilier

vitrail et mobilier

Le vitrail n’orne pas uniquement les fenêtres ; on le trouve également dans la décoration de mobilier. Le vitrail tire moins son effet de la transparence, que des reflets des matériaux : verre martelé, relief du réseau de plomb,... Techniquement, ce sont des pièces exécutées de façon très précise : coupe nette des calibres de verre, angle bien marqué dans le cintrage des profils de plomb. Il s’agit ici d’une vitrerie géométrique construite autour d’un motif central en étoile. Le verre de ce vitrail a été entièrement conservé ; par contre, le plomb ancien a été remplacé. Remettre un vitrail sous plomb de 4 mm, c’est retrouver les bases du métier, comme le musicien refait ses gammes….
Ecole St Jean-St Nicolas, Bruxelles

Ecole St Jean-St Nicolas, Bruxelles

Cette école possède deux verrières monumentales, placées en imposte au-dessus de larges portes d’entrée. Datant des années 70 et 80, les vitraux présentent un sujet religieux et des allusions à la « Belgique ». Madame Van den Bemden, éminente spécialiste du vitrail, a réalisé l’étude préalable et a assuré le suivi des interventions. Les vitraux comportaient un nombre limité de casses et de lacunes. L’état du réseau de plomb était globalement satisfaisant, mais présentait une déformation important en l’absence de soutien externe. De plus, le survitrage brisé devait être remplacé par un verre feuilleté et une protection intérieure devait être placée pour assurer une conservation optimale dans un contexte scolaire. Vu la taille importante des panneaux (250cmx105cm pour le vitrail situé rue Anethan), le plus grand soin a été apporté lors de chaque manipulation. Les verres brisés ont été consolidés par collage et les lacunes restituées à l’identique. Les soudures fissurées ont été consolidées et le réseau a été renforcé par l’ajout de vergettes verticales et de tiges métalliques horizontales, placées le plus esthétiquement possible. Un nettoyage soigneux réalisé par une étudiante en restauration a permis de rendre leur éclat en respectant la nature fragile des peintures. Un cadre en bois a été fixé au châssis pour poser le vitrage de protection intérieure. Des espaces intermédiaires entre les vitraux et les vitres de protection ont été aménagés pour garantir l’aération et évacuer les eaux de condensation. J’ai particulièrement apprécié le suivi du maître d’ouvrage et de Madame Van den Bemden, présents à chaque intervention.
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