Réalisations

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Heidbergcloster à Eupen

Heidbergcloster à Eupen

L’ancien couvent a fait l’objet d’une restauration globale en vue de sa réaffectation en centre de réunion et de formation de la Communauté germanophone. Les travaux de grande ampleur ont été réalisés par une association d’entreprises générales, Wust & Liégeois. Construit à partir du 18ème siècle, l’édifice s’est progressivement agrandi pour répondre au besoin de la communauté. La chapelle du Sacré Cœur, édifiée vers 1854, s’est dotée de vitraux peints en 1934. L’édifice subit dans les années 1990 des dégâts importants suite un incendie. Laissé à l’abandon depuis, la dégradation s’est accentuée. La grande verrière du chœur a été très touchée : les pièces de verre présentaient des fêlures multiples typiques après choc thermique et étaient recouvertes sur la face interne par un épais dépôt noirâtre. Les soudures d’étain étaient fondues, mais le réseau de plomb est resté stable. Les peintures, de belle exécution, ont heureusement été épargnées. Nous avons proposé de consolider les panneaux en atelier en conservant toutes les pièces originales. Après des tests, nous avons procédé à un nettoyage avec un solvant spécifique (citrate de triammonium) appliqué sous forme de gel. L’opération a été renouvelée à 5 reprises pour obtenir sans risque de dégradation un résultat satisfaisant. Les pièces les endommagées par le choc thermique comportaient des micro fêlures. Pour éviter la perte des fragments, nous avons appliqué une résine transparente sur la surface non peinte des verres. Les soudures du réseau de plomb ont été consolidées par l’ajout d’étain. La majorité des pièces authentiques ont été conservées, mis à part le remplacement de quelques pièces manquantes (la jeune dame pleurant dans ses mains). Pour garantir la conservation du vitrail et pérenniser la restauration, une protection en verre feuilleté a été installée avec une ventilation naturelle (isotherme). D’autres interventions ont été réalisées dans l’édifice : la restitution importantes de panneaux dans les nefs endommagés par vandalisme et une création en fusing réalisé par Jean-Yves Vossius (voir le site chantdelumiere.be). Merci à Benoît pour son soutien et son enthousiasme pendant ses trois mois de stage.
Collège st Remacle à Stavelot

Collège st Remacle à Stavelot

L’ancienne chapelle des Capucins a été restaurée en vue de sa reconversion en salle polyvalente. La campagne a été menée sous l’égide du cabinet d’architecture artau et de la Division du Patrimoine du Ministère de la Région Wallonne. L’édifice date du 18e siècle, mais les vitraux sont postérieurs. Les deux verrières dédiées à la Sainte Famille ont été réalisés dans l’atelier brugeois de Samule Coucke en 1872-73. Le vitrail de St Marie était le plus altéré, probablement du fait de la proximité avec la cour de récréation. En plus de lacunes récentes, des pièces avaient été remplacées antérieurement de façon peu esthétique. Nous avons restitué les pièces anciennes sur base des archives et du vitrail de St Joseph, fort similaire dans sa composition. Les dessins originaux nous ont été transmis par le centre de documentation de l’Université de Louvain. Seuls les trois panneaux avec les personnages ont été remis sous plomb neuf. Les autres panneaux des verrières historiées ont été conservés dans leur état original avec des consolidations ponctuelles réalisées par trois étudiantes en restauration d’œuvres d’art. Pour prévenir tout autre dégât, une verrière de protection été mise en place avec un étudiant en graduat en construction. Merci à Justine, Aurore, Margot et Benoît pour l’application et la motivation témoignée dans leur stage.
Vitrail commémoratif de la guerre 14-18 à Ethe

Vitrail commémoratif de la guerre 14-18 à Ethe

Le 22 août 1914 fut une page sombre de l’histoire de ce petit village gaumais si paisible pourtant. Les armées s’y affrontèrent et de nombreux villageois y perdirent la vie. A l’occasion du centenaire, la restauration du vitrail prenait un sens particulier pour les habitants. Mémoire peinte sur le verre, ex-voto, le vitrail montre la rue principale en ruine et la population en deuil tout en remplissant sa vocation religieuse. Sur le plan de conservation, la verrière comportait quelques lacunes ponctuelles et un panneau fort endommagé sous l’arc brisé de la lancette centrale. Celles-ci ont restaurées par l’insertion de la partie manquante ou par restitution complète. La recherche des jaunes de la bordure ornementale a été particulière laborieuse du fait des nuances du jaune d'argent. L’état du plomb et de la peinture était suffisant pour être conservé avec quelques consolidations ponctuelles. Pour protéger le vitrail et pérenniser les restaurations, une verrière de protection a été mise en place.
Hôtel de ville de Bruxelles

Hôtel de ville de Bruxelles

Le vitrail est situé au 1er étage dans la salle « David et Bethsabée ». De forme losangée, le vitrail présente un blason avec 5 coquilles st Jacques sur fond rouge, l’inscription « steenweg », une bordure avec rinceaux jaunes et un fond végétal en demi-teinte. Bien que l’édifice gothique soit du 15e siècle et ses ailes classiques du début de 18e siècle, l’ensemble des vitraux peints, plus récent, aurait été réalisé au cours des campagnes de restauration de la 2e moitié du 19e siècle. Une pièce avec rinceau jaune, provenant d’une restauration antérieure, comportait une lacune importante. Celle-ci a été remplacée sur base des pièces originales. Au vu des fissures dans le plomb, le panneau a été entièrement remis sous plomb neuf. La restauration du vitrail a été accompagnée d’une consolidation du châssis réalisée par Paul Mordan, menuisier-ébeniste spadois. Une collaboration fructueuse au sein de l’union des artisans du patrimoine !
Cartouche du donateur à Dalhem

Cartouche du donateur à Dalhem

A l’occasion des journées du patrimoine, la fabrique d’église St Pancrace voulait mettre à l’honneur Henri Francotte, bourgmestre de Dalhem au début du 20e siècle. Dans le vitrail dédié à St Henri, le cartouche original avait été remplacé par une pièce de qualité médiocre comportant une faute dans le nom. Sous l’impulsion de son petit fils, le cartouche a été restitué avec l’orthographe correcte. D’autres inscriptions ont permis de restituer la police de caractère. Cette intervention m’a permis de retrouver l’église de mon village et d’apporter ma contribution à sa valorisation à l’instar de mon grand-père, ancien président de la fabrique d’église.
Kursaal à Limbourg

Kursaal à Limbourg

La région est bien connue par son carnaval et ses salles de fêtes. En revanche, Il est assez inattendu de trouver une enseigne en vitrail annonçant les activités culturelles avec un éclairage ingénieux : cinéma, concert ou bal. On appréciera le lettrage et les effets de perspective. Le verre martelé laisse passer la lumière sans dévoiler le dispositif d’éclairage. Les panneaux de grande taille ont été déposés et transportés avec le plus grand soin. Le panneau « cinéma » comportait trois lacunes importantes sur les deux côtés. Après une longue recherche, nous avons finalement trouvé chez un fournisseur spécialié les verres chenillés blancs opalescents. Un verre imprimé jaune introuvable a été restitué par thermoformage. Vu sa grande taille, le réseau de plomb avait fortement souffert. Nous l’avons remis sous plomb complètement en respectant les différentes largeurs de profils utilisées. Les deux autres panneaux en meilleur état ont fait l’objet de consolidations ponctuelles. Pour protéger le vitrail et pérenniser les restaurations, une verrière de protection a été mise en place. Et que le spectacle continue….
Cathédrale St Paul à Liège

Cathédrale St Paul à Liège

Dans le cadre de travaux de maintenance, la régie de la cathédrale a fait appel à nous à deux reprises cette année. Au niveau de la verrière avec fleur de lys (à gauche de la porte d’entrée depuis l’intérieur), nous avons déposé un panneau pour remplacer la bordure latérale endommagée par vandalisme. Au niveau de la porte d’entrée, nous avons déposé et remis sous plomb neuf un panneau géométrique dont le réseau était fort fragilisé par les mouvements de la porte. Ces interventions nous ont permis d’apprécier la pose des vitraux contemporains qui illuminent d’une manière surprenante l’intérieur comme l’extérieur de l’édifice.
Master en vitrail à l'Université de York

Master en vitrail à l'Université de York

De septembre 2014 à septembre 2016, je fais une pause carrière pour me consacrer à une formation spécifique à la conservation des vitraux. Il s’agit d’une formation universitaire de plein exercice d’une durée de deux ans organisée par l’Université de York (Angleterre). A l’origine de ce projet, il y a un questionnement sur l’histoire du vitrail, ses modes de conservation et sa valeur dans la société actuelle. La formation est basée sur la lecture de la littérature spécialisée et la participation active à des séminaires. Je présenterai ici les recherches personnelles et les travaux pratiques réalisés à l’occasion de cette formation. J’espère que ce master en conservation permettra d’avancer dans ce questionnement et contribuera à développer ma pratique professionnelle au service de la société et de son patrimoine. La photo montre l'entrée de la faculté située dans l'ancien manoir royal
replique

replique

La première étude a consisté à réaliser la réplique d’une pièce originale. J’ai choisi une pièce comportant une inclusion en chef d’œuvre. Il s’agissait d’une pièce d’origine inconnue. Sur base du décor et de la technique du chef d’œuvre, j’ai émis l’hypothèse de joaillerie ornant le bord d’un vêtement liturgique représenté sur un vitrail. L’observation des matériaux et des techniques permettent l’estimation de la période. La plus ancienne utilisation du jaune d’argent à York date du début du 14ème siècle. La technique du chef d’œuvre est encore utilisée au 16ème siècle, mais elle tend à être remplacée par les peintures à l’émail. Il existe de nombreuses techniques d’insertion de joaillerie dans un verre plat, certaines très anciennes. Pour le forage, on dispose d’une description de la fin du 14ème siècle préconisant l’utilisation d’un morceau de plomb et de la poudre émeri. Pour la réalisation, j’ai utilisé une perceuse moderne avec une tête diamanté. Si le trou a été vite réalisé, l’utilisation de l’outillage moderne ne m’a rien appris sur les contraintes qu’avaient pu rencontrer mon homologue du Moyen-Age. Toutefois, l’expérience m’a permis de réaliser l’importance de l’archéologie expérimentale dans la compréhension des techniques anciennes. L’histoire des perceuses manuelles a bien des choses à nous apprendre.
blason royal

blason royal

L’étude du blason a été ma première étude d’un panneau médiéval. L’étude de l’iconographie (Lys sur fond bleu et lions sur fond rouge) a permis d’identifier les rois anglais qui ont porté ce blason entre le 15 et le début du 16ème siècle. Autour du blason se lit la devise en français de la couronne anglaise (toujours en vigueur aujourd’hui) : « honni soit qui mal y pense ». L’examen des marques sur le plomb et l’étude historiographique ont permis de localiser la provenance exacte du blason dans la cathédrale de York. L’étude matérielle m’a permis d’observer des petits trous à la surface du verre résultant d’un processus de dégradation.Au microscope, ils apparaissent comme des cratères. Le panneau étant stable, il ne nécessitait pas selon moi d’intervention majeure. On pourrait envisager d’enlever les plombs de réparations et effectuer des collages pour améliorer la lisibilité de l’inscription. J’ai prévu toutefois de conserver ces réparations pour montrer au public les techniques de consolidation employées dans le passé. J’ai recommandé de présenter le panneau dans un caisson rétroéclairé à proximité de la verrière d’où il provenait. Ce travail m’a montré que l’étude approfondie du vitrail pouvait contribuer à sa valorisation auprès du public.
la restauration, prisme entre l'oeuvre et le spectateur

la restauration, prisme entre l'oeuvre et le spectateur

La première étude sur site a été réalisée sur les verrières médiévales de l’église paroissiale All saints à York. L’objectif était de montrer en quoi les restaurations effectuées aux 19 et aux 20ème siècles affectent la perception des vitraux. Comme étude de cas, j’ai choisi le vitrail des neuf chœurs angéliques, installé vers 1420. Le vitrail fortement altéré a été restauré en 1965 à partir des fragments originaux et d’un dessin datant de 1670. Pour souligner l’aspect hypothétique de la restitution, les restaurateurs ont opté pour un verre coloré sans décor peint pour accompagner les pièces originales. Si les interventions sur cette verrière sont facilement identifiables, les interventions de type illusionniste sur d’autres verrières de cette église demandent un examen stylistique plus approfondi. Cette étude montre que les interventions ne sont pas neutres, elles reflètent l’histoire de idées relatives à la conservation, elles agissent comme un prisme entre l'oeuvre et le spectateur. Dès lors, il est de la responsabilité du restaurateur de laisser des traces écrites et une documentation visuelle de ses interventions afin d'informer le public et faciliter les futurs traitements.
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